Pourquoi je n’écoute plus la radio

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Commentaire   |   A La Une, Communication

Chacun aura son avis à ce propos, ici je vais tout simplement évoquer celui qui me concerne. Alors non, je n’écoute plus la radio. La radio au sens le poste de radio, celui qui se trouve dans la voiture, dans le salon, dans la chambre, avec France Inter par exemple… Le poste de radio aura été l’une des inventions (avec la radiodiffusion, cela est logique) les plus importantes. L’appel du dix-huit Juin en montre bien l’exemple, et n’aurait peut-être pas existé si la fameuse radio n’existait pas. Pourtant, la radio, je ne l’écoute plus. Ne vous inquiétez pas, je vais développer un petit peu pour vous expliquer mon opinion.

L’information

La radio c’était au tout début, de l’information uniquement et à des heures précises. On a gardé ce point là, et on peut écouter les dernières nouvelles à différents moments d’une journée. Le matin dans la voiture en direction de notre lieu de travail, le midi en mangeant, le soir en lisant. Pourtant l’aspect d’information n’est plus réellement intéressant à la radio. Les points d’informations ne durent qu’une dixaine de minutes, l’information est raccourcie ce qui apporte presque une désinformation. A ce niveau, on pourrait aussi critiquer la télévision. A l’heure de l’internet, on peut recevoir son journal (et ça marche aussi par le courrier) dès le matin, en se levant. Des informations plus nombreuses et plus détaillées, nous permettant de nous informer sur ce que l’on souhaite, sur ce que l’on juge intéressant, et avec précision. Dès le matin, après avoir mangé, je suis au courant des principaux traits d’actualités grâce aux différents abonnements internet, flux rss et journaux en ligne. Je n’ai pas le temps de m’y intéresser plus, mais j’en sais déjà tout autant que si j’avais écouté ces informations à la radio. Quelle différence alors? Nous le verrons plus tard avec l’humeur que je souhaite avoir dans une journée.

Bref, la radio a du mal à s’adapter à l’information, tout du moins c’est ce qu’il me semble. A l’heure des médias sociaux, on a plus vite fait d’être informé d’une catastrophe grâce à Twitter, Facebook voire même (!!!!) avec les journaux et leurs dépêches retransmises par le biais des réseaux sociaux. En effet, la radio elle devra déjà être allumée (ce qui n’est pas tout le temps le cas) ce qui réduit donc déjà la possibilité d’information.

La seule utilisation que je reconnais encore à la radio au titre informatif, c’est la chaîne autoroute info et compagnie. Quoique là encore il y a des limites et des problèmes. Tout d’abord cette chaîne ne fonctionne que pour les autoroutes. Exit donc l’information routière en continue sur les autres axes routiers et dans les Dom-Tom. Par ailleurs, si le nombre d’informations est dense, on est obligé (alors même que nous sommes en train de conduire) de se concentrer sur ce qui est dit, pour savoir si on va avoir le droit à un des problèmes de traffic. On fait moins attention à la route, on essaye de se situer dans sa tête par rapport au problème, et au final un problème est plus vite arrivé de cette manière. Aujourd’hui les GPS et même les smartphones peuvent faire de l’information traffic, oubliant tout ce qui ne vous concerne pas, et ne vous informant que sur ce qui va vous concerner.

Restons sur les routes, je dois l’admettre, on peut difficilement rester informé de l’actualité si l’on doit conduire plusieurs heures de suite.

La musique

Plus récente (relativement) est la diffusion de musiques sur les chaînes radiodiffusées. NRJ, Chérie, Nostalgie (que du NRJ groupe pour l’instant), Virgin etc… toutes ces chaînes ont pour simple but de gagner de l’argent en diffusant de la musique. L’aspect informatif est pratiquement nul (écoutez donc les points d’informations de NRJ, cela prend deux minutes) et on table tout sur la musique. Alors bien sûr, il y a des thèmes. Les radios pour les jeunes vont diffuser des musiques récentes dans un registre très contemporain (electro, rock moderne, pop moderne, funk, punk…) tandis que pour les plus âgés (non, j’ai pas dit vieux) Nostalgie vous passera son Adamo qui voit encore tomber la neige quand il n’y en a plus, pourtant tant que Macias voit les filles de Sarkozy le soleil est partout. (Ouuuups, pas de politique, j’oubliais)

Et puis il y a… moi. Moi et sans doute vous. Peut-être même lui! Je ne me limite pas à un genre de musique particulier. Je peux tout autant écouter du Noah (qui ne passera pas sur NRJ) que du Schubert (qui ne passera pas sur les chaînes déjà citées, sauf parfois Inter) voire même du El Ten Eleven (que personne ne connaît) en passant peut-être par Monarchy (qui pourrait passer sur NRJ, mais ce n’est pas le cas). Alors je fais quoi moi?

Alors je vais prendre mon iPod. Je crée des listes de lecture avec les chansons que je préfère écouter le matin sur la route (je préfère écouter Matthieu Chedid en partant bosser plutôt que le nombre de morts dans le dernier tsunami. On m’accusera peut-être de désintérêt face à ce qui se passe dans le monde, moi je parlerais plutôt d’essayer de ce concentrer sur ce que l’on connaît, plutôt que de détruire son humeur avec des choses que nous ne subissons pas. Nous sommes chanceux, alors ne l’oublions pas) et… oui c’était une longue digression. Je disais avec mon iPod et mes musiques favorites, je le branche directement à la voiture avec l’entrée audio, qui existe de plus en plus dans les nouvelles voitures sans option particulière, ou au pire avec un émetteur FM. Et là au moins, j’écoute ce que j’aime, sans publicité pour le dernier déodorant asque de spore (les biologistes vont adorer!) et sans la voix des affreux animateurs qui crient sans cesse, avec ces gens qui téléphonent pour pleurer leur vie si triste. C’est bien connu, en France on est malheureux, tous pauvres et on est pas capable de manger parce que c’est la famine.

La culture

Allez, bon point quand même. Une radio qui me plaît (ou plaisait, depuis le départ de Porte et Guillon, mon avis est un peu différent) c’est France Inter. Avec les émissions comme « Là bas si j’y suis », « 2000 ans d’Histoire » ou encore « Rendez-vous avec X », je dois dire que la culture résiste bien. Chez France Inter comme dans beaucoup de radios du service public (mais surtout pas RFO, tout simplement la pire des radios publics et privées… ah non, dans les privées ya Freedom aussi).

Mais je n’écoute pas plus la radio. Ou en fait si, mais de manière indirecte. Grâce aux podcasts… En effet l’inconvénient de la radio et de la télé, c’est que l’on doit être présent au moment de la diffusion. Ce qui est rarement possible. Les podcasts me sont donc bien utiles, ce qui me permet d’écouter des jours après l’émission qui était passée.

Pour la culture donc, la radio n’a rien à envier à la télévision (surtout pas!) ni à l’internet (surtout pas à la puissance mille millions de mille milliards de mille sabords de tonnerre de Brest!)

L’interaction

On est content quand on nous écoute. C’est très narcissique mais c’est la nature humaine. Alors Internet c’est logique, ça marche à ce niveau là. Twitter, Facebook et tous les autres se résument à cela. Faire prendre de l’importance aux choses inutiles qui nous concernent. La seule véritable interaction que les radios ont réussi à mettre jusque là en place, c’est le téléphone. Appeler ou envoyer des sms. C’est assez triste quand on imagine le nombre de possibilités existantes qui pourraient être mises en place sur les réseaux sociaux. Je précise tout de même, je parle d’interaction entre la radio et le réseau social. Faire gagner des places de concert ou je ne sais quoi sur Facebook, sans véritablement en parler à la radio, sans créer un lien entre la radio et Facebook, pour moi c’est mal utiliser les possibilités.

Au final…

Au final et je ne parle que pour moi, je trouve que la radio a perdu de son intérêt. On peut écouter les émissions intéressantes sur internet, et faire varier les goûts musicaux sans radio. On peut continuer à s’informer de manière plus détaillée voire moins dangereuse sans radio, tout en pensant à tout ce que l’on aurait pu faire avec une radio, internet et de bonnes idées. Je ne dis pas non plus que la radio va disparaître puisque je suis sans doute le seul idiot à ne plus l’écouter.

Ça n’est qu’un avis comme un autre.

[Photo: Ian Hayhurst]